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La situation actuelle : la BCE a réduit ses taux directeurs huit fois en 2024-2025. Les taux sont désormais à 2 %, ce qui est généralement considéré comme le niveau « neutre ».
Les arguments : les marchés prévoient une hausse de 25 pb d’ici fin 2027. Certains membres du conseil, notamment Isabel Schnabel, fervente partisane d’une ligne intransigeante, sont satisfaits de cette direction.
Les faits : après la poussée inflationniste induite par le choc de l’offre en 2022, de nombreux responsables politiques craignent fortement qu’un tel scénario ne se répète.
La vue d’ensemble : la croissance est peu encourageante (dernier PMI tout juste supérieur à 50), la demande de crédit est timide et l’Europe se trouve à un tournant géopolitique critique. La BCE peut jouer un rôle important.
Les implications : nous pensons que l’inflation globale sera inférieure à 2 % au premier semestre 2026, ce qui permettra aux voix les plus souples au sein de la BCE de se faire davantage entendre.

Source : S&P Global, janvier 2026.
Les répercussions : les investisseurs en obligations d’État européennes en ont pris bonne note, comme en témoigne la nouvelle compression des spreads de crédit entre les obligations souveraines les plus fortes et les plus faibles du complexe..
Les chiffres : seuls 75 pb séparent les Pays-Bas (plus forts) et la Lituanie (plus faible). Début 2025, cet écart allait jusqu’à 150 pb.
L’argument bonus : malgré des problèmes politiques et budgétaires à plus long terme, l’agitation autour des titres français s’est dissipée après l’adoption du budget (jusqu’en 2027, du moins).
Les conséquences : la recherche de rendement a été féroce en 2026. La nécessité pour les Européens de se montrer unis dans un environnement international facturé a favorisé le resserrement des spreads de crédit dans l’univers des obligations d’État européennes.
La situation actuelle : l’Italie est sur la bonne voie. Une syndication réussie au début du mois a attiré plus de 150 milliards EUR de commandes et les récentes réunions d’investisseurs ont été particulièrement optimistes.
Le contexte : la stabilité politique s’est avérée très bénéfique, tout comme les efforts de consolidation de la dette. Le gouvernement prévoit des soldes primaires positifs de 1,2 % en 2026, et de 1,9 % d’ici 2029.
Les détails : l’Italie s’est imposée comme l’un des emprunteurs souverains privilégiés du marché, avec un nombre croissant d’investisseurs régionaux, notamment des pays nordiques et du Moyen-Orient.
Les conséquences : l’Italie dispose d’un éventail diversifié d’investisseurs, y compris d’une forte présence sur le marché de détail. Au fur et à mesure que la BCE se fait plus discrète, les investisseurs internationaux s’empressent de s’engouffrer dans cette brèche.

Source : highcharts.com, janvier 2026.
Le contexte : l’été dernier, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a déclaré qu’un niveau EURUSD supérieur à 1,20 serait « compliqué » à atteindre.
Les arguments : en ce début d’année 2026, ce chiffre de 1,20 se trouve sous pression. D’autres membres du conseil de la BCE, tels que François Villeroy de Galhau et Martin Kocher, se sont déjà exprimés, soulignant l’impact potentiel sur l’inflation et une volonté d’agir.
Les faits : la confiance dans la prise de décisions politiques américaines est au cœur des préoccupations, une tendance récemment accentuée par les spéculations autour d’une intervention conjointe des États-Unis et du Japon sur le change. En réalité, l’indice de l’euro pondéré des échanges commerciaux n’a pratiquement pas bougé.
Les enjeux : un EURUSD en hausse contribue à des exportations plus coûteuses. Selon GS, les plus grandes sociétés européennes cotées en bourse doivent 30 % de leurs revenus aux États-Unis.
Les conséquences : si l’euro continue sa remontée par rapport au dollar américain, les gouverneurs de la BCE ne manqueront pas d’y prêter davantage attention.

Source: Bloomberg, janvier 2026.
La situation actuelle : le PIB, les ventes au détail et les données PMI de janvier ont dépassé les prévisions du marché, ce qui vient contredire les perspectives globalement baissières sur l’économie britannique.
Le contexte : on pourrait toutefois avancer que ce regain de forme est plutôt un effet saisonnier, étant donné que l’économie britannique a souvent signé de bons débuts d’année au cours de l’histoire récente.
Les faits : le marché de l’emploi reste atone, les derniers chiffres du chômage demeurant supérieurs à 5 % et le chômage des jeunes continuant d’augmenter.
La prochaine étape : le gouvernement reste accaparé par la géopolitique, les revirements de politique intérieure et les luttes internes. Pour aggraver la situation, les tensions inflationnistes ont quelque peu stagné, selon le British Retail Consortium..
Les implications : jusqu’ici, cette année, la livre sterling a évolué latéralement (par rapport à l’euro). Mais si la croissance ralentit à mesure que l’année avance et que l’inflation reste plus forte que prévu, c’est la livre qui en pâtira.

Source: Bloomberg, janvier 2026.
Sauf mention contraire, toutes les données sont tirées de Bloomberg et valables en janvier 2026.
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